Veni, Vieri... vici ?
21 Janvier 2006 - France

 

Un (présumé) « serial buteur » en principauté : c’est le cadeau de Noël qu’ont offert les dirigeants monégasques aux supporters d’une équipe, éliminée prématurément de la Ligue des champions, et qui a terminé la première partie du championnat en cinquième position alors qu’elle affichait en début de saison les plus hautes ambitions tant sur le plan national qu’européen. Vieri, de son prénom Christian, était donc attendu comme le messie. Ce prince du Calcio a débarqué à Monaco avec une réputation de faiseur de miracles, bien que son dernier club, le Milan AC, lui préférant « Pipo » Inzhagi ou Chevtchenko à la pointe de son attaque, lui faisait faire souvent banquette. « Bobogol », surnom acquis lorsqu’il traînait ses crampons du côté de la Juve ou de l’Athletico au milieu des années quatre-vingt-dix, ne serait-il donc qu’un « joker » de luxe ?

À bientôt trente-trois ans, cet athlète des surfaces (1,85 m pour 82 kg) tente, en fait, au prix d’une réduction sensible de ses revenus (4,5 millions d’euros annuels contre 5,2 millions au Milan AC), le dernier pari d’une brillante carrière débutée en 1989 et au cours de laquelle il a porté le maillot de la plupart des grands clubs transalpins, du Torino à la Lazio de Rome, en passant par l’Inter et dernièrement le Milan. Ce pari, c’est celui dsélection dans la Squadra Azzura pour participer à la prochaine Coupe du monde en Allemagne, ce qui lui ferait passer le cap symbolique des cinquante caps. Il espère y briller autant que sous le soleil de Montpellier lorsqu’il fut, durant le Mondial 1998, l’auteur d’un doublé mémorable contre le Cameroun en match qualificatif. La planète foot découvrait alors ce natif de Bologne qui a visiblement bien profité de la cuisine familiale, mais aussi tenace, endurant, ayant la soif de vaincre, ce que les Italiens appellent la « grinta », et surtout très fort de la tête et très talentueux dès qu’il respire les odeurs de la surface de réparation adverse.


Associé en attaque à son compatriote Di Viaio, lui aussi recruté pendant le mercato, il devrait vraisemblablement terminer sa carrière à Monaco puisque son contrat court jusqu’à la fin de la saison 2006-2007 sans possibilité jusque-là de transfert. Il aura alors trente-quatre ans, âge canonique pour un « canonnier » qui a passé les trois quarts de son temps sur les pelouses à prendre des coups et essuyer des tacles. Les dirigeants monégasques espèrent bien que d’ici là ils auront pu s’exclamer : veni, Vieri, vici, franchissant, notamment, dès la fin de la présente saison le Rubicon d’une nouvelle Ligue des champions à défaut de contester aux Lyonnais le titre de champion des Gaules. Un Monaco plus italien que jamais avec en plus de ses dernières recrues et de ses préparateurs physiques, son entraîneur Francesco Guidolin, son gardien de but Flavio Roma, tous comptant maintenant sur un Vieri redevenu impérial devant les buts adverses.

 

 

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