ITALIE : VIERI
Portrait
10 Juin 2002 - France

L'Italie lui a trouvé un surnom : Bobo. Parce qu'il débute toutes ses phrases par « Bof ». Christian Vieri n'a jamais été loquace. « Hector Cuper ? Tranquille. Il travaille beaucoup.» Ou encore : «Mes rapports avec Ronaldo ? Une belle amitié.» Il a l'habitude de parler avec les pieds, en marquant but sur but, dimanche après dimanche. Et ses bavardages ne risquent pas de s'arrêter en Asie.

Vieri est un fantasque. DJ à ses heures perdues, amateur de boite de nuit. Mais il peut se permettre ces fantaisies. Car il est l'un des tous meilleurs attaquants italiens, l'un des plus doués au monde dans la spécialité. Le sélectionneur italien Giovanni Trapattoni a d'ailleurs confié à des amis «que le parcours de l'Italie en Coupe du Monde dépend en grande partie de l'état de forme de Vieri».

Les Italiens le définissent comme «Ariete», le bélier. Capable de marquer dans toutes les positions, doté d'un tir redoutable, il est l'homme qui fait la différence. Surtout, il sait être altruiste. Depuis que Ronaldo est redevenu un joueur à part entière, Vieri prend plaisir à faire marquer Il Fenomeno et lui a servi plusieurs passes décisives. «Je ne joue pas pour remporter le classement des buteurs, dit-il, mais pour gagner. Lorsque j'étais à l'Atletico Madrid j'ai remporté le titre de Pichichi mais le club n'a accroché que l'UEFA . Cela ne m'intéresse pas, moi, je veux ga-gner !»

Vieri est un «winner», un tempérament de battant qu'il tient de Nathalie, sa mère (une parisienne pure souche qui épousa Bob Vieri). L'expression anglaise «winner» n'est pas fortuite puisque que Christian Vieri, né à Bologne le 12 juillet 1973, passa en Australie une bonne partie de son enfance, de 4 à 14 ans et aujourd'hui encore il pense en Anglais plus qu'en Italien... Son père Bob, professionnel, jouait à Sydney.

A 15 ans, il revient en Toscane pour émerger comme footballeur. Il débute au Santa Lucia puis est engagé par Prato en C1 (division 3) avant de passer au Torino en 1990 où il remportera le championnat des espoirs. Son premier match en série A remonte au 15 décembre 1991 contre la Fiorentina. Il part ensuite à Pise en série B (18 matches, deux buts) et enchaîne huit clubs entre 1993 et 1994 : Ravenne (12 buts en 32 matches), Venise (11/29), Atalanta (18/7).

La Juventus s'intéresse alors à cet attaquant massif à la carrure de déménageur et l'engage pour 7 milliards de Lires (3,6 millions d'Euro) : ses huit buts en 23 matches ne suffisent pas et Bobo est vendu à l'Atletico Madrid où il s'impose comme meilleur attaquant de la Liga. En 1998 il passe à la Lazio (12 buts en 22 matches) et en 1999 l'Inter le recrute. Il n'en est toujours pas parti même si cet été, il fut à deux doigts de revenir à la Juventus. Sa cote sur le marché a aujourd'hui atteint des sommets.

Mais l'obsession de Vieri reste la Coupe du Monde de la FIFA, Corée/Japon 2002TM. En septembre dernier, il s'est encore blessé au tendon d'Achille mais a refusé l'intervention chirurgicale parce qu'elle ne lui garantissait pas une récupération totale de ses moyens. Il s'est donc soigné avec des bains de boue dans un établissement thermal. Son envie de scène internationale se comprend mieux encore lorsque l'on se souvient que Vieri fut privé du Championnat d'Europe de l'UEFA 2000 en raison d'un claquage lors du match de barrage opposant l'Inter à Vérone pour l'accès en Coupe de l'UEFA...

Vieri a en effet un point faible : la fragilité de ses muscles, des « muscles de soie » comme les a définis le docteur Volpi, ex-médecin de l'Inter de Milan. Bobo n'a jamais réussi à disputer une saison entière, toujours freiné par des déchirures et claquages en série voire des problèmes dentaires. Toute l'Italie prie pour que son physique, si puissant en apparence, tienne en Asie. Une chose est sure, il est au sommet de la maturation et semble plus fort que jamais devant les but

 

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